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Il y a maintenant plus de six mois que votre Border est arrivé : les sorties quotidiennes l'ont rendu stable et sociable, il obéit aux commandements de base et il vous a montré, à l'occasion de passages en laisse devant des vaches, des brebis, des pores, de la volaille, etc. qu'il n'y était pas indifférent... Il est temps de le mettre au contact du troupeau. Cette étape importante constitue à la fois un aboutissement et un point de départ : un aboutissement dans la mesure où elle permet de vérifier qu'il a effectivement hérité de l'instinct de ses ancêtres et que la progression que vous avez suivie jusqu'alors avec votre chiot en lui montrant un certain nombre de choses a porté ses fruits. Elle constitue également un point de départ car vous pouvez dès lors aborder le travail spécialisé : observez et détaillez le comportement de votre élève mis pour la première fois au contact d'animaux. Cela vous permettra d'orienter le dressage ultérieur. Bien entendu, on ne lâche pas du jour au lendemain un jeune chien au beau milieu d'animaux. Au cours des promenades avec votre chiot vous lui avez montré de temps à autre des vaches, des brebis : en passant le long d'une pâture, près de stabulations ou de cases et en le mettant alors systématiquement en laisse de façon à ce qu'il ne vous échappe pas et qu'il soit en parfaite confiance. Vous lui avez répété "Attention" en le flattant et vous avez vu qu'il était intéressé. Si cela n'était pas le cas, vous n'avez pas insisté. N'ayez aucune inquiétude, si vous avez scrupuleusement suivi une progression logique, et que êtes resté prudent, tout doit bien se passer. OVINS OU BOVINS? Il est souhaitable et préférable de faire débuter votre Border sur moutons. Compte tenu de la taille et du comportement de l'espèce, elle convient aux premières manifestations de l'instinct de berger du jeune Border. Néanmoins que les éleveurs de bovins se rassurent: s'ils n'ont pas la possibilité de disposer de moutons, leur chien se déclarera, puis travaillera sans problème sur les vaches ; la méthode de dressage est d'ailleurs la même. Il existe néanmoins quelques différences quant au travail du chien. Il est plus près, plus au contact car les vaches n'ont pas au sein du groupe, les mêmes réflexes ni les mêmes attitudes que les brebis. Le chien n'a donc pas la même approche. Le mouvement est donc moins coulé et plus heurté ; la distance de travail est différente. Mais, même réduite, cette notion de distance demeure. Il s'agit de l'espace au-delà duquel le chien commence ou continue à avoir un effet sur les animaux. Il est fonction de chaque chien, de chaque espèce, de chaque lot. LE PREMIER CONTACT La mise au troupeau se prépare de longue date, à la fois pour le chien et pour les animaux. Les deux partenaires doivent avoir l'habitude l'un. de l'autre. Les premiers contacts entre chien et animaux nécessitent des précautions particulières: mettre de but en blanc un chien au milieu d'une troupe qui n'y est pas habituée peut avoir des conséquences dramatiques, surtout s'il s'agit de bêtes suitées, dont le périmètre de protection augmente et dont les réactions sont plus violentes. Faites les présentations. Dans le cas de bovins, le chien risque de retrouver rapidement encerclé, chargé et piétiné. Quant aux animaux, toute apparition ultérieure d'un chien risque d'engendrer de façon quasi-automatique le même réflexe de défense. On est loin du but initialement recherché. On n'introduit donc en aucun cas un jeune Border dans un lot de vaches. Le mieux est de procéder avec des génisses. PAS D'IMPROVISATION Tant que votre chien n'a pas au moins huit mois et qu'il ne possède pas l'obéissance de base, il est inutile de s'y essayer. Si ces deux conditions sont remplies vous pouvez envisager la première mise au troupeau chien lâché. C'est un évènement qui ne s'improvise pas. - Préparer des animaux à cet effet! N'employez ni mères suitées, ni vaches, ni béliers, ni taurillons, toutes bêtes qu'on n'utilisera d'ailleurs dans aucune des premières phases de dressage. Le mieux est d'employer une petite dizaine de brebis de réforme (qui ont déjà vu un chien, ne s'affolent pas et ont un bon contact avec l'homme). Si on ne dispose que de bovins, il faut avant tout privilégier le mouvement des animaux. On prendra donc des génissons de 4 à 6 mois, qui, bougeant bien, vont faire comprendre au chien quil a un oeil qui fonctionne et qu'il n'a pas besoin de coller au contact pour les déplacer. Il est toujours préférable qu'un jeune chien débute dans ces conditions. L'inconvénient majeur dans ce type de situation, en cas de panique et de débandade, c'est qu'on ne dispose d'aucun recours autre que l'obéissance pour freiner ou bloquer le chien. Ayez présent à l'esprit, que, quoi qu'il arrive au cours de cette première mise au contact en liberté, vous devez féliciter le chien et l'encourager. Même s'il éclate le lot, même s'il mord ou cherche à mordre, il doit être mis en confiance. Il n'est pas question que vous interveniez pour sanctionner au cours de cette première séance, qui n'est en rien une séance de dressage. La fois suivante vous prendrez un certain nombre de précautions (par exemple un filet) pour éviter que ces débordements éventuels ne prêtent à conséquence. On n'a pas d'entrée de jeu un chien parfait, sachant tout faire : ne perdez ni courage ni patience. - Utilisez un filet Confectionnez un parc de 7 à 8 mètres de diamètre dans lequel vous placez les animaux. Il vous permettra de travailler sur des bêtes stabilisées (mais néanmoins mobiles) et donc de vous concentrer en toute tranquillité sur le chien et les commandements à lui adresser. Dans cette optique le filet présente nombre d'avantages pour aborder calmement un exercice. N'hésitez pas à l'utiliser lors des toutes premières séances consacrées à un nouvel exercice. Sauf cas exceptionnel, il faut cependant éviter une utilisation continue et prolongée car à la longue, il risque de fausser un certain nombre de paramètres (comportement des animaux en liberté, aléas divers, distance de travail). Dans ce travail, placez-vous le plus près possible des animaux, au besoin rentrez même dans le cercle et faites-les bouger. Vous provoquerez ainsi leur mouvement et faciliterez la tâche du chien, tout en évitant qu'il ne passe entre vous et les animaux, ce que vous devez empêcher et interdire à tout prix. Si vous ne disposez pas de filet, installez-vous dans un parc clos ne dépassant pas un hectare. Si vous ne pouvez pas mobiliser d'animaux adéquats,, employez des canards ou des oies. Le chien leur porte généralement un vif intérêt et ils présentent l'avantage de manipulations plus faciles. Mais faites très attention à ce que cela ne devienne pas un jeu et que votre élève ne se fixe pas sur cette espèce au détriment des brebis ou des vaches. Dès qu'il s'est déclaré sur volailles, passez à plus gros. En revanche, il est quelquefois utile de repasser ultérieurement sur canards pendant quelques séances pour régler un exercice délicat. Amenez votre chien en laisse en le mettant en confiance par des "Attention". Arrivé à une quinzaine de mètres des animaux, lâchez-le en l'encourageant et observez son comportement. Plusieurs cas de figure peuvent se présenter: 1- si après plusieurs tentatives, il n'a aucune réaction malgré les encouragements et ~ les mouvements des animaux, c'est qu'il n'est pas suffisamment mûr ou que le déclic ne s'est pas fait. N'insistez pas outre mesure et recommencez une heure plus tard, ou l'après-midi, ou le lendemain dans les mêmes conditions pour voir s'il y a amélioration. Si vous constatez une différence : ébauche de mouvement, oreilles qui se redressent, il y a un progrès, mais il est encore un peu tôt. Patientez avant de le représenter au troupeau. Dans l'intervalle promenez-le en laisse autour des animaux (au parc, en stabulation) dont vous provoquez éventuellement le déplacement. 2- s'il se couche, essayez de faire bouger les animaux afin de provoquer une réaction. 3- s'il part à droite ou à gauche autour du filet, laissez-le faire sans le contrarier: il va prendre confiance et s'exprimer naturellement. Au bout de quelques tours, quand il s'est manifestement fait plaisir, il est temps de vérifier s'il obéit au stop. Commandez "Stop" fermement. S'il obéit rejoîgnez-le et caressez-le abondamment. Dans le cas contraire, insistez jusqu'à l'exécution, la présence du filet vous permettra de prendre tout votre temps sans aucun risque. Si l'expérience est concluante, laissez reposer quelque temps en ne mettant plus le chien au contact des animaux pendant un certain temps. Testez encore une fois dans les mêmes conditions : si le résultat est positif, vous passerez, lors de la séance suivante à des animaux en liberté, de façon à voir les réactions de votre chien quand il est en situation de comprendre que son oeil est efficace. L'INTRODUCTION DU CHIEN DANS UN TROUPEAU BOVIN Les lignes qui suivent ne sauraient concerner le jeune chien en cours de dressage: elles s'adressent à un sujet adulte qui a déjà l'habitude de travailler sur bovins et que l'on introduit dans une troupe qui, elle, n'a jamais vu de chien. Rappelons qu'il est préférable de commencer avec les génisses et en aucun cas sur des vaches suitées. Quand on présente un Border à un lot de bovins qui sont en liberté, il faut rester à ses côtés, pour lui donner confiance et courage. En effet, les animaux vont le tester: c'est à ce moment précis qu'il doit s'imposer : dans le cas contraire les bêtes vont comprendre qu'elles peuvent prendre le dessus, et il n'aura plus aucune autorité. On s'approche le plus près possible du lot, (le chien tenu ou non en longe), on s'arrête en le faisant éventuellement coucher. Les animaux vont alors s'avancer par curiosité pour voir et sentir. La première génisse qui touche le chien du mufle doit être "mouchée". Généralement les chiens ne se font pas prier mais on encourage, voire on stimule les sujets un peu timides par des "Attention", "Attention" "Très bien". Il est impératif que le chien ne se laisse pas faire et surtout ne se laisse pas toucher : il doit faire l'effet d'une clôture électrique. Dès qu'il a mordu, félicitez-le mais il n'est pas question qu'il aille plus loin! Remettez-le en position. Généralement la bête s'éloigne ; une deuxième puis une troisième arrivent et on reproduit le même scénario. Prenez le temps nécessaire afin que toute la troupe fasse cette expérience. Naturellement on ne crie pas, on reste calme, il n'est pas question d'affoler les animaux mais seulement de montrer à son chien qu'on est à ses côtés : c'est lui, qui s'impose pas vous ; vous êtes là uniquement pour le motiver. Ensuite, vous pouvez commencer à travailler avec le troupeau. Généralement pour des génisses laitières une ou deux séances suffisent, mais certaines bêtes testent régulièrement le chien (on est plus prudent avec les races allaitantes). Si on voit que le chien est manifestement trop jeune, trop faible et qu'il ne peut pas faire face : on laisse et on remet à plus tard. Dans l'intervalle profitez du passage devant une stabulation, par exemple, pour laisser mordre votre chien, en laisse et encouragé, sur un animal qui passe la tête. |