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par M. T. Garabelli
Les chiens de berger présentent des différences de taille, de morphologie, de caractère,
de couleur et de qualité de poil assez importantes.
En effet, ces caractéristiques ont été sélectionnées au cours des
siècles par les bergers en fonction de leurs besoins, dictées aussi
bien par leurs conditions de travail que par la race des moutons qu'ils
possédaient.
En Italie par exemple, dans la région de Bergame, on a dû sélectionner
un chien puissant et de grande taille, capable d'inspirer le respect et
la crainte aux vaches locales, grandes et infatigables.Doté d'une robe
paisse qui le protège du gel et de la neige, le Berger bergamasque peut
affronter des déplacements et des nuits dans les alpages sans abri.
Pour les troupeaux de l'Italie centrale, il y a le Berger de Maremme qui
garde les brebis laitières. Habituées à être soumises à la traite deux
fois par jour, elles sont conduites au pâturage et surveillées par l'homme.
Elles connaissent donc le chemin de la ferme et les horaires des trajets.
Pour cette raison, le Berger de Maremme, chien courageux, n'est pas un
vrai conducteur de troupeaux ; sa tâche consiste plutôt à défendre les
moutons pendant la nuit, autrefois contre le loup et aujourd'hui contre
l'homme.
En Allemagne, pour les grands troupeaux de plaine, on a choisi le Berger
allemand, un chien au pas long, travailleur infatigable, capable de regrouper
et de suivre sans effort un millier de moutons en revenant plusieurs fois
sur ses pas. Sur les deux versants des Pyrénées, français et espagnol,
on trouve aussi bien des petits chiens agiles et vifs que des grands chiens
paisibles, ce qui souligne le particularisme national propre à chaque
leveur. Les chiens de berger du nord de l'Europe et de l'Europe de l'Est
sont encore différents.
Cependant, tous ces chiens ont une façon similaire de travailler et ils
dépendent de l'homme avec lequel ils collaborent et sont constamment en
contact.
La Grande-Bretagne est un pays où l'élevage des moutons a toujours joué
un rôle fondamental et la passion pour l'élevage, la sélection et la compétition
ont toujours fait partie, par tradition, de la culture anglo-saxonne.
C'est en Grande-Bretagne que nous trouvons le Border Collie, un chien
dont le tempérament, les aptitudes et la façon de travailler sont assez
différents des autres. Les moutons britanniques ont surtout été sélectionnés
pour la viande. En Angleterre, il n'existe pas de bergers à proprement
parler mais des agriculteurs pour qui les moutons représentent simplement
une partie de peur activité.
Ainsi, les brebis ne sont pas traites, ni amenées au pâturage, ni enfermées
dans une bergerie. Elles vivent en liberté, dans de grands prés clos ou
bien dans les moors, des endroits sauvages où ne pousse qu'un bush épais,
constitué de bruyère et peuplé de moutons et de perdrix.
Pour ces agriculteurs, le chien est indispensable et il doit être rapide,
savoir travailler à distance et, en cas de besoin, prendre des initiatives.
Descendant du Colley du XIXème siècle, le Border en a hérité une capacité
de travail incomparable, avant que ce chien ne devienne populaire en raison
de l'affection que lui portait la reine Victoria.
Il a ensuite été sélectionné exclusivement pour sa beauté et pour les
expositions, ainsi que pour ses qualités de chasseur qui proviennent probablement,
sans que l'on en soit sûr, de croisements antérieurs avec des Setters
et des Springers. Il est toutefois certain que dans les vieux standards
du début du siècle, on pouvait lire parmi ses défauts : " couleur rousse
typique du Setter irlandais " ou bien " queue frangée ".
Le résultat obtenu est toutefois ce chien unique, appelé
" eye dog ", parce qu'il a la faculté de dominer les moutons par
la seule force de son regard : il baisse les yeux et fixe leurs
pattes avant, les guide en avançant subrepticement, toujours prêt
à s'élancer.
Les premiers Anglais qui franchirent l'océan pour aller sur d'autres continents
emportèrent avec eux ce chien précieux. C'est précisément en Australie
que ces chiens indispensables, irremplaçables, connurent aussitôt une
très grande diffusion. Ils donnèrent naissance aux nouvelles races australiennes
encore plus rapides et résistantes grâce aux croisements effectués avec
le Dingo sauvage : les petits kelpies, les bergers australiens, qui "
volent " sur le dos des moutons, les Australian kattle dogs qui conduisent
les troupeaux en liberté, les petits Colleys qui travaillent en groupe
et les récents Australian thump tail. Sur ces territoires immenses, où
le rapport est d'un mouton par hectare, les animaux vivent isolés pendant
douze mois de l'année et ne sont regroupés qu'une fois pour le marquage.
Les agneaux naissent et grandissent à l'état sauvage et leurs territoires
ne sont pas exprimés en hectares mais en kilomètres carrés. Dans ce décor,
les chiens arrivent souvent derrière les chevaux, à l'arrière d'une grosse
moto ou dans un hélicoptère.

En Angleterre, on dit qu'un Border Collie accomplit le travail de vingt hommes
en dix fois moins de temps quand il s'agit de ramener les mou tons des
moors à la ferme. Cela est d'autant plus vrai en Australie où, sans les
Border Collie, les moutons ne pourraient pas être regroupés.

LA RECONNAISSANCE DE LA RACE
Le Border Collie, utilisé depuis toujours comme conducteur de troupeaux,
n 'a été reconnu par le Kennel Club anglais qu'en 1976. Auparavant, les
livres généalogiques de cette race étaient tenus exclusivement par l'International
Sheep Dog Society, qui ne s'intéressait pas aux chiens pour les expositions
mais uniquement pour leurs qualités de chiens de travail.
Les premières compétitions sont nées précisément de la fierté que les
propriétaires ressentaient pour leurs chiens.
La première édition dont on a conservé des traces s'est déroulée en Grande-Bretagne
et remonte à 1873. A partir de cette date, les compétitions sont devenues
tellement populaires que des spectateurs venant d'Europe, d'Amérique,
d'Australie et de Nouvelle-Zélande assistent régulièrement aux célèbres
International Trials. C'est un peu comme ce qui se passe avec la Siegerschau
des Bergers allemands qui se déroule en Allemagne devant une foule nombreuse
venue pour admirer les sujets présentés ou pour s'adjuger, parfois pour
des sommes considérables, les meilleurs d'entre eux.
En Europe, depuis une dizaine d'années, se disputent les Continental, présidés
par des juges anglais et auxquels participent des pays qui sont déjà à
l'avant-garde comme la Suisse, l'Allemagne, les Pays-Bas et la France.
Il s'agit d'épreuves spectaculaires d'habileté et de concentration incomparables
au cours desquels les l'homme, le chien et le mouton doivent atteindre
une synchronisation parfaite. En Italie, les compétitions amicales se
déroulent depuis quatre ans dans le centre et le nord du pays.
Le Border Collie a rencontré dans ce pays plus de succès dans les épreuves
d'agility que dans celles de chien de berger. Ce chien a été dressé de
façon différente en suivant les conseils de ceux qui connaissaient parfaitement
son tempérament et les résultats obtenus ont été positifs.
Pour les " traditionalistes ", le Border est trop rapide et trop nerveux
pour faire un bon chien de berger. S'il est mal dressé, il peut même constituer
un danger pour les animaux.
Le Border Collie n'a pas été sélectionné pour accompagner les moutons vers
les pâturages, mais plutôt pour les rechercher, les regrouper, les empêcher
de s'enfuir, les séparer, les canaliser pour la désinfection et la tonte.
Quand il n'est pas utilisé pour le travail, il devient dans certains cas
un compagnon pour l'homme et dans d'autres, un auxiliaire attaché à sa
chaîne en attendant de se rendre utile : des modes de vie, qui, cependant,
ne correspondent pas du tout à la mentalité de ces chiens de berger.

LE PREMIER " SUPRÊME CHAMPION
Le premier Border Collie à s'être adjugé le titre de " Suprême Champion
" à l'occasion du prestigieux International Trial qui se déroule chaque
année en Grande-Bretagne a été Don en 1906. Pour la première fois
en 1997. Ce Trial s'est déroulé en Irlande, alors qu'il avait lieu auparavant
par roulement en Écosse, au pays de Galles, et en Angleterre.
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Dernière mise à jour le 16/04/2006 à 10:44:54