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Par Virgile Desailly, expert confirmateur de l'Association française du Border Collie, juge SCC des concours inter-races de travail sur troupeau. (Propos recueillis par l'auteur).

" Il faut considérer le standard, tel qu'il est publié par la Fédération cynologique internationale, comme une approche et non comme une définition du Border Collie ; car ce chien ne peut être réduit à la photographie que l'on en donne ainsi. Certes, le Border Collie a "un crâne d'une bonne largeur, il est bien proportionné et vus de face ses membres antérieurs sont parallèles Mais on peut en dire autant de millions d'autres chiens !

" Je m'intéresse à cette race depuis 1948 et je suis souvent amené à me rendre au Royaume-Uni. J'ai été l'intermédiaire entre l'Association des éleveurs et utilisateurs de chiens de berger du CentreOuest et l'International Sheepdog Society pour l'organisation des premières importations en nombre de ces chiens dans les années soixante-dix. Par la suite, avec Luc Gilbert, j'ai animé des sessions de formation au dressage et participé à l'élaboration du règlement des concours spécifiques du Border en France. Mon grand plaisir est d'assister à la finale britannique et de m'entretenir avec les conducteurs, dont certains, comme G. Jones qui obtint le titre de champion suprême, sont devenus des amis. "
C'est pourquoi, connaissant cette race comme je la connais, je ne la retrouve pas en lisant le standard; car ce qui fait qu'un chien est un Border Collie ou ne l'est pas ne réside pas dans sa couleur, la longueur de son poil ou la forme de ses oreilles.

Un Border Collie se définit par un ensemble d'aptitudes au travail sur troupeau ; ces aptitudes très particulières ne se retrouvent dans aucune autre race. Aucun chien n'a comme lui une telle maîtrise pour rassembler et guider les animaux et aucun ne possède cette façon de faire, ce style, cette méthode.

Voilà pourquoi les bergers britanniques se sont opposés autant qu'ils ont pu à la publication d'un standard car les apparences n'ont que peu d'intérêt. En sélection de populations animales, courir après plusieurs objectifs, c'est courir à sa perte. Le critère fondamental, celui qui est appliqué en France lors du test de travail de la confirmation, c'est l'aptitude bergère, le reste est, certes, intéressant, mais secondaire.

On retiendra donc les points de non confirmation suivants :
- chien agressif ou peureux
- chien ne présentant aucune aptitude naturelle au travail sur troupeau ,
- construction et ossature insuffisantes entraînant l'inaptitude au travail sur troupeau.

Ce sont des points essentiels, ceux que l'expert confirmateur cherche avant tout à cerner lors de l'examen.

Les autres points de non-confirmation sont les suivants

" Type général

- traces évidentes de croisement ou sujet totalement en dehors du type Border Collie;
- taille sortant des limites du standard: 50à55 cm pour les mâles; 47 à 52 cm pour les femelles.

" Points particuliers dans le type

- tête brachycéphale ou dolichocéphale;
- absence de stop ;
- oreilles tombantes et collées aux joues ;
- aplombs panards ou cagneux;
- fouet traînant ou enroulé
- périmètre thoracique inférieur à 60 cm pour les mâles et à 57 cm pour les femelles.

" Anomalies

- monorchidie, cryptorchidie;
- prognathisme supérieur ou inférieur.
C'est ce mode de sélection qui a fait du Border Collie l'auxiliaire performant qu'il est aujourd'hui.

La sélection du Border Collie reposant sur un seul critère a produit, au fil des années, une population relativement homogène quant au caractère recherché l'aptitude au travail sur troupeau Relativement, puisque l'on peut discerner plusieurs styles de travail, ce qui permet des utilisations diverses selon les troupeaux et les caractéristiques de l'élevage. En revanche, la race est hétérogène sur le plan du phénotype. Sheila Grew a proposé une classification des Border Collies en quatre familles.

1. Le type Northumbrian, dont le plus célèbre représentant est, bien sûr, Old Hemp 9 d'Adam Tefler ou encore Sweep 21, championne suprême en 1910. On retrouve dans ces chiens l'ombre des parents de Old Hemp. Roy, noir, blanc et feu, peu d'oeil et bonne nature. Meg, très noire, douée d'un " pouvoir de l'oeil " prononcé et d'un caractère réservé. En France, la meilleure représentation de ce type est certainement le mâle U'Jack appartenant à M. Coignac.

2. Le type Nap, appellation issue de Whitehope Nap de J.M. Wilson qui l'illustre parfaitement mais qui a des antécédents, notamment Queen 5 3 3 en plus noir. Sheila Grew pense que ce type est à l'origine du Kelpie australien.
En France, ce type Nap (poil court noir et blanc, énergique et puissant) est celui de Loca (prop. V. Grosfort).

3. Le type Wiston Cap est le résultat de lignées développées par J.M. Wilson à partir de Cap, parfaitement représenté par Wiston Cap, champion suprême en 1965, qui est un de ses descendants et l'un des chiens les plus vénérés en Grande-Bretagne. De lui Barbara Carpenter écrivait en 1989 : " Wiston Cap : mots magiques ! Qui dans le monde des bergers et des chiens de berger ne le connaît pas ? C'est le Border Collie le plus populaire et l'étalon le plus utilisé dans l'histoire de la race. "
Wiston Cap figure sur le badge de l'ISDS. Les chiens de ce type ont beaucoup de blanc sur la poitrine, les antérieurs, une partie de la tête. Poil milong. On en a des exemples en France: citons Flax (propr. Mme Turner).

4. Le type Herdman's Tommy est issu de Roy, père de Old Hemp, arrière-grandpère de Tommy, appartenant à Isaac Herdman (On se situe là avant la Première Guerre mondiale). Ces chiens sont noirs, blanc et feu comme Brocken Robbie de Mme Barbara Carpenter, ou Roy de W.J. Evans.

Ce sont là quatre types principaux. On rencontre, bien sûr, des atypiques et des variantes à l'intérieur des familles.

Les robes les plus classiques sont les robes noir et blanc, l'étendue des deux couleurs allant de l'équilibre (type Wiston Cap) au presque entièrement noir (type Northumbrian). Le blanc dominant n'est pas souhaité, c'est même un cas de non-confirmation. Variante dans les robes noir et blanc, les noir blanc et tacheté (gris-noir sur les plages blanches). Les plages de feu des robes noir, blanc+feu restent très localisées, mais il existe des robes blanc et feu, la couleur feu dominant. Ces robes semblent se répandre, sans doute affaire de mode. Sont également de plus en plus recherchées les robes " arlequin ". Les " blue " (blue merle, red merle), très belles, sont, bien sûr, accompagnées de l'oeil bleu ou vairon.



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Dernière mise à jour le 16/04/2006 à 10:55:21